L'histoire de la veste à capuche

Posté par: Anne Ramos Dans: Worldshaper Sur: Commentaire: 0 Succès: 118

Connaissez- vous l'histoire de la veste à capuche?

En France on a tendance à l'appeler "veste à capuche" ou "sweat à capuche", mais qu'il soit pour homme ou pour femme, son vrai nom c'est le "Hoodie".

Chez les femmes, on peut retracer l’histoire du hoodie jusqu’à son ancêtre, déjà porté à l'ère de la Grèce Antique. À l’époque, il s’agit surtout d’une large pièce d’étoffe capuchonnée et destinée à protéger des éléments. Dans l’imaginaire collectif, il est parfois représenté pour dissimuler le visage d’une femme qui part en pleine nuit retrouver un amoureux en cachette ou pour symboliser  la Faucheuse, c’est à dire la mort. Quoiqu’il en soit, il n’est pas impossible que l’on retrouve un peu de ces deux significations dans la version moderne de ce vêtement. Mais ce qu’il faut avant tout retenir c’est que les origines du hoodie sont modestes. 

Le hoodie apparaît aux Etats-Unis dans les années 1930. Très rapidement il devient une sorte d’uniforme pour les ouvriers américains qui travaillent dans des entrepôts frigorifique. A peu près à la même époque, Champion commence à travailler avec les équipes sportives des universités américaines pour déterminer leurs besoins en matière de vêtements. C’est ainsi que l’on voit les joueurs de football américain porter les premiers sweats shirts doublent épaisseur sur le terrain par mauvais temps (Littéralement, « sweat shirt » veut dire maillot pour transpirer).

Comme les joueurs des équipes sportives des universités US ont pour habitude d’offrir leurs sweats à leurs copines, on peut le dire : c’est à l’amour que l’on doit l’arrivée du hoodie dans la garde-robe de toutes les jeunes américaines. Le sweat à capuche fait désormais partie intégrante du dressing, au même titre que la veste en jean. 

Fin 70 et début 80 le hoodie prend une autre dimension. C’est à cette époque que le mouvement hip-hop mais aussi les gangs New Yorkais s’approprient ce vêtement et deux caractéristiques essentielles du hoodie expliquent cette évolution :

  • Pour les break-dancers, le confort qu’il procure leur assure une totale liberté de mouvements ;
  • Pour les gang, la présence de la capuche leur garantit un anonymat indispensable à la pratique de certaines activités plus ou moins licites…

Quelques années plus tard, au début des années 80, c’est une autre communauté qui s’approprie le hoodie : celle des skaters. De New York à Los Angeles, leur façon d’occuper le domaine public est loin de faire l’unanimité au sein des habitants de leur ville et ils sont traqués par la police. Du coup, eux aussi se mettent à porter le hoodie pour masquer leur visage lorsqu’ils vont skater. Il faudra attendre les années 1990 pour que Ralph Lauren, Giorgio Armani et Tommy Hilfiger lui redonnent sa dimension « preppy » (et si vous voulez en savoir plus sur le style preppy on vous renvoie vers cet article très bien documenté) . 

En 2012, un évènement dramatique fait du hoodie le symbole des inégalités raciales.  C’était le 26 février 2012, en Floride, un jeune homme noir de 17 ans quitte une épicerie où il vient d’acheter du thé glacé et des bonbons avant de se diriger vers l’appartement de la petite amie de son père. Trayvon Martin porte un large hoodie noir dont il a relevé la capuche. George Zimmerman, capitaine de surveillance du voisinage, suit alors l’adolescent tout en appelant la police pour signaler une "personne suspecte dans son quartier". Quelques minutes plus tard, Trayvon Martin est retrouvé mort et George Zimmerman plaide la légitime défense. 

Dans les jours qui suivent ce drame, Geraldo Rivera commentateur de Fox News déclare : "J'exhorte les parents de jeunes noirs et latinos, en particulier, à ne pas laisser leurs jeunes enfants sortir avec des sweats à capuche. Je pense que le sweat à capuche est aussi responsable de la mort de Trayvon Martin que George Zimmerman ». À la suite de cela, plusieurs manifestations où les gens viennent habillés d’un hoodie qu’ils relèvent sur leur tête sont organisées, on les appelle les « hoodies march ». Ces manifestations ont donné naissance au mouvement "I am Trayvon Martin" qui se caractérise par le port du sweat à capuche qui cristallise les clichés sur les jeunes délinquants. Le 23 mars 2012, Barack Obama déclare : "Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin". Cinq jours plus tard, le député démocrate Bobby Rush, ancien membre des Black Panthers, enlevensa veste pour dévoiler un sweat, dont il revêt la capuche, dans l'enceinte du Congrès, avant de se faire expulser pour outrage (le port de couvre-chef y est interdit).

Si le hoodie est aujourd’hui l’un des vêtements les plus répandus, le doute continue cependant de planer sur le message qu’il véhicule et lorsque Marc Zuckerberg le porte à Wall Street le jour où il doit rencontrer des investisseurs, on a du mal à croire que le choix était anodin…

Lorsque nous avons commencé à mettre en place la boutique, nous avons naturellement pensé à des thsirts, à des sweats shirts, à des bas de jogging, mais nous n’avions pas tout de suite envisagé d’avoir des vestes. Or, il se trouve que le principe de ce vêtement qui se met et s’enlève en « deux-deux » sans qu’on y laisse des traces de rouge à lèvres ou autre fond de teint, était tout de même quelque chose qui cadrait bien avec l’esprit cool de la marque. Rapidement, nous somme donc tous tombés d’accord sur la nécessité de proposer une veste à nos clientes mais pour autant, il n’était pas question de renier nos principes. Impensable en effet que  WS revienne notamment sur son niveau d’exigence en matière de qualité et de traçablité des vêtements.

Désolés mais même si nous aussi on adore les jeans, nous savons que ce vêtement est l’un des plus polluant de la planète et l’un des plus gros consommateurs d’eau également. C’est pour cela que vous ne trouverez pas, pour le moment, de veste en jean dans notre boutique. 

De la même façon, ne vous fatiguez pas à chercher des vestes en simili cuir : vous vous épuiseriez pour rien… Le plastique, non merci !

Chez WS, nous ne vendrons pas notre âme au diable pour vous vendre des vêtements que nous refuserions de porter nous mêmes. 

Chez WS, nous considérons que ce ne serait pas rendre service à nos clientes que de leur faire croire que sous prétexte qu’un vêtement est à la mode, cela justifie qu’il ait été conçu dans l’irrespect total du monde qui nous entoure.

Chez WS, notre souhait est de vous prouver que l’on peut tout à fait être « tendance » dans sa façon de nous habiller et responsable dans sa façon de consommer.

Alors, puisque vous avez déjà fait le premier pas en lisant ces mots, n’attendez plus pour en faire un deuxième… On vous retrouve dans la boutique !

Commentaires

Laisser votre commentaire